Les jeux préférés des enfants de 12 à 24 mois
Entre douze et vingt-quatre mois, chaque enfant traverse une période où tout devient prétexte à la découverte. Il marche, il grimpe, il vide les tiroirs, il imite les gestes des adultes avec une énergie débordante. Cette phase, souvent qualifiée de tournant majeur du développement moteur et cognitif, mérite qu’on s’y attarde avec attention et bienveillance. Les familles cherchent naturellement à comprendre quels jouets, quelles activités et quels moments de jeu accompagnent le mieux cette étape si particulière.
Cet article propose un tour d’horizon complet des jeux qui séduisent les tout-petits de un à deux ans, en s’appuyant sur les besoins réels de développement plutôt que sur les tendances marketing. On y aborde les jeux sensoriels, les jouets à empiler, les premiers jeux d’imitation et l’importance de laisser l’enfant expérimenter à son propre rythme. Cette approche intéresse particulièrement les personnes qui envisagent une reconversion vers les métiers du soin à la personne, où comprendre le développement de l’enfant constitue un socle indispensable, notamment via des parcours comme la formation d’assistant de vie aux familles.
En bref :
- Vers douze mois, l’enfant adore vider, remplir, encastrer et transvaser des objets.
- Les jeux d’imitation deviennent centraux à partir de vingt-quatre mois.
- Le jeu partagé avec l’adulte reste aussi précieux que le jeu en autonomie.
- La sécurité et le respect du rythme priment sur la quantité de jouets accumulés.
- Les jouets en bois et les objets simples stimulent souvent mieux l’imagination que les jouets sophistiqués.
Comprendre les besoins de jeu entre 12 et 24 mois
À cet âge, l’enfant apprend encore énormément par les sens, mais son corps s’est transformé. Il tient debout, il marche, parfois il court déjà avec une maladresse touchante. Ce nouveau contrôle moteur change complètement sa manière d’explorer le monde autour de lui.
Il ne s’agit plus seulement de porter les objets à la bouche comme un nourrisson. L’enfant veut désormais manipuler, transporter, empiler et surtout recommencer. Cette répétition, parfois lassante pour un adulte, correspond en réalité à un besoin cognitif profond de compréhension du monde qui l’entoure.
Un jeu d’éveil réussi à cet âge n’est pas forcément coûteux ni complexe. Les professionnels de la petite enfance rappellent souvent qu’un objet simple, bien choisi, vaut mieux qu’une montagne de jouets sophistiqués qui finissent par disperser l’attention plutôt que de la nourrir. C’est d’ailleurs un principe enseigné dans les cursus dédiés à l’accompagnement des familles, où la compréhension du rythme de l’enfant constitue une compétence clé.
Isabelle, auxiliaire de puériculture depuis quinze ans, raconte souvent que les enfants les plus épanouis dans sa crèche ne sont pas ceux qui possèdent le plus de jouets à la maison. Ce sont ceux dont les parents ont compris qu’un temps de jeu court, mais pleinement investi, vaut infiniment mieux qu’une accumulation d’objets qui ne servent, au fond, qu’à occuper l’espace du salon.

Pourquoi limiter le nombre d’objets proposés
Proposer trop d’options en même temps peut sembler généreux, mais cela produit souvent l’effet inverse de celui recherché. L’enfant papillonne d’un objet à l’autre sans jamais approfondir son exploration. Mieux vaut donc sélectionner deux ou trois jouets, puis les faire tourner régulièrement pour renouveler l’intérêt sans saturer l’environnement.
Ce principe, largement documenté par les spécialistes des activités ludiques pour les tout-petits, rejoint une logique que l’on retrouve dans de nombreuses pédagogies alternatives : la qualité de l’attention prime toujours sur la quantité de stimulations.
Les jeux qui accompagnent la phase du vider-remplir
Vers douze mois, un phénomène presque universel se produit chez les tout-petits : ils deviennent obsédés par l’action de vider un contenant, puis de le remplir à nouveau. Ce comportement, loin d’être anodin, traduit une compréhension naissante de la cause à effet et de la notion de volume.
Les boîtes à formes constituent à ce titre un support particulièrement pertinent. Elles obligent l’enfant à observer, tester, ajuster son geste jusqu’à trouver la bonne orientation pour insérer la pièce dans son emplacement. Cette répétition d’essais-erreurs développe la persévérance autant que la motricité fine.
Les jouets à empiler, comme les cubes gigognes ou les anneaux de tailles décroissantes, offrent une autre facette de cet apprentissage. L’enfant découvre les notions de grand et petit, de dedans et dehors, d’équilibre et de chute. Construire une tour puis la voir s’effondrer n’a rien d’un échec : c’est une expérimentation scientifique à hauteur d’enfant.
Le tableau suivant résume les principaux types de jeux adaptés à cette tranche d’âge, avec les compétences qu’ils sollicitent.
| Type de jeu | Âge indicatif | Compétences stimulées |
|---|---|---|
| Boîtes à formes | 12 à 18 mois | Motricité fine, logique spatiale |
| Jouets à empiler | 12 à 20 mois | Coordination œil-main, équilibre |
| Jouets musicaux | 12 à 24 mois | Éveil sensoriel, sens du rythme |
| Jeux d’imitation | 20 à 24 mois | Langage, socialisation, imagination |
| Jeux de construction simples | 18 à 24 mois | Créativité, patience, motricité fine |
Il ne faut pas non plus négliger les moments plus sensoriels : sable, eau, semoule ou pâte à modeler offrent des textures inédites qui enrichissent l’expérience tactile. Sous surveillance bien sûr, ces activités relèvent des jeux sensoriels les plus recherchés par les parents comme par les professionnels de la petite enfance, ainsi que le confirment plusieurs guides proposés par des experts du jouet éducatif pour les enfants d’un an.
L’entrée dans les jeux d’imitation vers 24 mois
Aux alentours de vingt-quatre mois, un cap est franchi. L’enfant ne se contente plus de manipuler des objets pour leurs propriétés physiques : il commence à leur attribuer un rôle imaginaire. Une cuillère devient un micro, une boîte se transforme en voiture, une peluche se met à parler.
Ce basculement vers le jeu symbolique constitue une étape fondamentale du développement cognitif. Il montre que l’enfant est désormais capable de se représenter mentalement des situations qu’il a observées, souvent chez les adultes de son entourage proche.
Les peluches jouent un rôle central dans cette phase. Elles deviennent des partenaires de jeu privilégiés, à qui l’on donne à manger, que l’on couche, que l’on gronde parfois. Cette relation, à mi-chemin entre l’objet transitionnel et le premier compagnon imaginaire, aide l’enfant à traiter ses émotions du quotidien.
Les dînettes, les téléphones jouets, les petits paniers de marché constituent également des supports précieux. L’enfant y rejoue des scènes vues à la maison : préparer un repas, passer un appel, faire les courses. Chaque scène rejouée renforce sa compréhension du monde social qui l’entoure.
Laisser une vraie liberté dans le jeu symbolique
Un point mérite d’être souligné : l’adulte n’a pas besoin d’être constamment présent dans ce type de jeu. Observer de loin, sans intervenir systématiquement, permet à l’enfant de développer sa créativité de manière plus libre. Les professionnels formés à l’accompagnement de la petite enfance, notamment à travers des ressources dédiées aux activités des bébés entre un et deux ans, insistent souvent sur ce point : trop d’intervention adulte peut brider l’inventivité naturelle de l’enfant.
Un jouet ouvert, c’est-à-dire un objet qui peut servir à plusieurs usages selon l’imagination du moment, reste toujours préférable à un jouet fermé qui ne propose qu’une seule action possible. Cette logique explique pourquoi tant de professionnels de la petite enfance recommandent des blocs simples plutôt que des jouets électroniques trop directifs.
Le rôle du jeu partagé entre parent et enfant
Si l’autonomie du tout-petit est précieuse, elle ne remplace jamais totalement les moments de jeu partagés avec l’adulte. Chanter une comptine en tenant l’enfant sur ses genoux, jouer à cache-cache derrière une porte, ou simplement commenter ce qu’il fait pendant qu’il empile des cubes constituent des expériences riches sur le plan affectif et langagier.
Les comptines accompagnées de gestes, par exemple, aident l’enfant à associer des mots à des mouvements précis. Cette répétition facilite l’acquisition du vocabulaire bien avant que l’enfant ne soit capable de s’exprimer clairement. C’est un mécanisme d’apprentissage que l’on retrouve largement documenté dans les guides consacrés aux idées de jeux pour les bébés de plus d’un an.
Le jeu de cache-cache, quant à lui, travaille la permanence de l’objet : l’enfant comprend progressivement qu’une personne qui disparaît de son champ de vision continue d’exister ailleurs. Cette notion, essentielle sur le plan psychologique, se construit précisément à travers ce type de jeu ludique et rassurant.
Les métiers du soin à la personne, notamment les accompagnants d’enfants ou les auxiliaires parentales, s’appuient largement sur ces principes pour structurer leurs journées de garde. Savoir alterner temps de jeu autonome et moments partagés fait partie des compétences enseignées dans des parcours professionnalisants dédiés à la petite enfance et au soin à domicile.
Voici quelques repères pratiques pour équilibrer ces deux dimensions du jeu au quotidien :
- Réserver de courtes sessions de jeu autonome, adaptées à la capacité d’attention de l’enfant.
- Proposer des comptines et jeux de doigts pendant les temps de transition, comme avant le repas.
- Alterner jeux calmes et jeux moteurs pour respecter les cycles d’énergie de l’enfant.
- Observer sans intervenir systématiquement lors des phases de jeu symbolique.
- Valoriser les efforts plutôt que le résultat, notamment lors des constructions détruites puis reconstruites.
Bien choisir les jouets et éviter les pièges courants
Face à l’offre pléthorique de jouets destinés aux tout-petits, il devient difficile de faire un choix éclairé. Certaines écoles de pensée, notamment inspirées des pédagogies alternatives, privilégient les jeux de construction simples et les jouets en bois plutôt que les objets électroniques bruyants et lumineux.
Cette préférence n’est pas qu’une question esthétique. Un jouet en bois, souvent plus lourd et plus stable, offre un retour sensoriel différent d’un jouet en plastique léger. Il invite également à un jeu plus calme, moins dépendant des piles et des effets sonores prédéfinis.
Trois critères simples permettent d’orienter les choix : la sécurité, l’adaptation à l’âge, et la polyvalence du jouet. Un objet qui ne peut être utilisé que d’une seule manière s’use vite sur le plan de l’intérêt, tandis qu’un jouet ouvert continue d’évoluer avec les capacités croissantes de l’enfant.
Repérer les signes de surstimulation
Un enfant qui passe rapidement d’un jouet à l’autre sans jamais s’y attarder n’est pas forcément désintéressé. Il peut simplement être confronté à un environnement trop chargé, où trop d’options nuisent à la concentration. Réduire le nombre de jouets accessibles à la fois, puis les faire tourner régulièrement, résout souvent ce problème.
Les sélections spécialisées de jouets pour les enfants de douze à vingt-quatre mois proposent d’ailleurs souvent des objets pensés pour cette logique de simplicité : peu d’éléments, mais des matériaux et des usages multiples.
Pour les personnes qui souhaitent approfondir ces connaissances dans un cadre professionnel, notamment en vue d’accompagner des familles au quotidien, des formations spécialisées permettent d’acquérir une méthodologie solide sur le développement de l’enfant, la sécurité domestique et l’accompagnement bienveillant. Ces compétences ouvrent des débouchés concrets dans la garde d’enfants, l’aide à domicile ou les structures de la petite enfance.
Quel jouet privilégier en premier pour un enfant de 12 mois ?
Les boîtes à formes et les cubes à empiler restent des choix sûrs, car ils accompagnent naturellement la phase de vider-remplir propre à cet âge et développent la motricité fine sans complexité excessive.
Faut-il s’inquiéter si mon enfant détruit systématiquement ses constructions ?
Non, ce comportement fait partie intégrante de l’apprentissage. Construire puis détruire permet à l’enfant d’expérimenter la cause à effet et de mieux comprendre les notions d’équilibre et de gravité.
Les jouets électroniques sont-ils déconseillés avant 24 mois ?
Ils ne sont pas interdits, mais les jouets simples comme les jouets en bois ou les objets ouverts stimulent souvent mieux l’imagination, car ils ne dictent pas une seule façon de jouer.
Comment savoir si mon enfant est prêt pour les jeux d’imitation ?
Vers 20 à 24 mois, l’enfant commence à attribuer un rôle imaginaire aux objets, comme faire semblant de téléphoner ou nourrir une peluche. C’est le signe qu’il est prêt pour la dînette ou les accessoires du quotidien détournés.
Quelles compétences professionnelles permettent d’accompagner ce développement ?
Une formation dédiée à l’accompagnement des familles et de la petite enfance permet d’acquérir des méthodes concrètes pour proposer des jeux adaptés, repérer les besoins de l’enfant et instaurer un cadre sécurisant au quotidien.